mardi 27 août 2019

RAT LE BOL DES TROTTINETTES

Voici ainsi la rectitude toute germanique dans toute son apogée, des trottinettes avec des plaques d’immatriculation, pour une organisation qui fait défaut aujourd’hui en France et qui est, pour le Saint-Empire Romain de la nation teutonique, une évidence, luttant ainsi contre des humains de contrefaçon, une petite parenthèse dans un monde de circoncis de l’esprit.

Nous, qui voulons légiférer sur tout mais surtout légiférer, nous finissons par légiférer sur rien de très utile. Voilà une idée simple pour réguler les trottinettes et qui nous permet de voyager sur les trottoirs en toute liberté et sécurité à Francfort. C’est en 1893 qu’apparaissent les premières plaques d’immatriculation pour vélos en France dans un but purement fiscal, déjà un enjeu pour l’Etat pour ce moyen moderne de déplacement de l’époque.

Oui, vous aviez bien lu : une loi du 13 avril 1898 qui institue la plaque d’identité sur les vélos de France, valable encore aujourd’hui. Elle est obligatoire même si beaucoup la néglige. Un vélo, le dimanche, pour une prune le lundi, on imagine alors que les hordes de cyclistes du lundi matin, une fois affublées de la plaque scélérate sur leurs bécanes, vont devoir s’arrêter à tous les feux car automatiquement une amende leur sera expédiée à leur domicile le vendredi matin d’un week-end en Bêtasse.


Il faut le reconnaître : 90 euros pour avoir roulé sur un trottoir avec son vélo, c’est abusif alors même qu’un véhicule qui stationne sur une piste cyclable n’est sanctionné que 35 euros. Mais, les cyclistes ne sont pas au bout de leurs peines puisque la ville de Lyon envisage de faire payer le stationnement des vélos.

Ces tentatives coercitives à l’égard d’un moyen de déplacement non polluant, pratique à l’usage, silencieux, utile à la santé publique, font peser une menace sur le développement du cycle en ville en faisant de nous des citoyens numérotés, et pour les gens de la mode un numéro. Quel affront ! L’imposition du port du casque comme l’instauration d’un permis pour les cyclistes déjà en vigueur en Suisse depuis 1898 ne devraient pas arranger les adeptes, les transformant ainsi en crapaud sur une boîte d’allumettes.

Résumons enfin : voitures au garage, vélos au parking payant, transports en commun bondés et souvent en panne. Les trajets dans le futur seront toujours plus difficiles, et nous nous transformerons peu à peu en idole des « jeûnes ».

Anonymode