lundi 22 octobre 2018

LETTRE OUVERTE A UN HOMOPHOBE

C’était un weekend à plusieurs centaines de kilomètre de la capitale, dans cette province que ma femme exècre, où des cathos homophobes et ignorants ont un avis sur tout et surtout un avis. Des sortes d'humains de contrefaçon qui, quand nous lui avons donné notre lieu d'habitation, le Châtelet, nous ont catalogués immédiatement comme bobos parisiens ; cela commençait bien ! Quand le sujet est venu sur notre métier : le milieu de la mode et du luxe, le cerveau, habituellement lent de cet imbécile pure souche, s’accéléra pour faire ce raccourci que j’étais certainement Gay comme tous les gens de cette profession.

Il y a une rumeur récurrente dans le monde de la mode, qui se chuchote seulement, que celui-ci serait intimement dominé par des hommes Gay. Cette rumeur, qui n'est pas justifiée, mais colportée par des incultes de ce genre, est persistante. Non content de sa tirade d'un autre âge, celui-ci se met à déverser des infamies sur une pratique sexuelle qui ne concerne pas, d’ailleurs, que les homosexuels, et qui n'a rien à voir avec ceux-ci, confirmant que ce Monsieur, peu éduqué, confond tout. Mais, à quoi bon expliquer à un expert en billevesées, que l'amour n' a pas vraiment de sexe, et que la pratique sexuelle n'a rien à voir avec votre orientation.

J'aurai pu lui dire, que cette pratique de Sodome n'est pas l’apanage des homosexuels car beaucoup d'entre-eux ne la pratiquent pas , et certains même n'ont pas de rapport sexuel du tout, car la seule présence de l'être aimé suffit. L'amour n'a ni genre, ni sexe.


Si les créateurs sont souvent Gay, les patrons des grandes sociétés du luxe le sont rarement. C'est une opposition du business contre la créativité, l’hémisphère gauche contre l’hémisphère droit, réalité contre rêveur invétéré, pour souvent fuir cette réalité, trop injuste, de ne pas pouvoir vivre son amour en toute liberté. Moi, hétéro, je serai comme un lion si l'on m’empêchait d’aimer ma muse.

J'ai pensé, à ce moment, à tous ces gamins jetés de leur foyer pour avoir fait leur "coming out" en famille pensant que leurs parents, à tord, pourraient les protéger contre les agressions permanentes dont ils font l'objet. Mais aussi de toutes ces agressions en croissance dans Paris qui se multiplient jour après jour par des déchets nocifs de la société, qui ne sont pas choqués de voir des petits voyous frapper et détrousser une vielle femme, mais qui réagissent quand ils voient deux amoureux s'embrasser sur la bouche en pleine rue. Je suis hétéro et si je pouvais prendre cette douleur pour l'ensemble de ces gamins, je le ferais.

Ce gros crétin que j'ai en face de moi à de la chance que je sois invité, car mon éducation n’empêche de relancer un sujet polémique par bienséance et par respect de mes hôtes. J'ai regretté que mes copains de la mode ne soient pas là pour moucher cet intellectuel au repos, ce décoloré du cerveau.

Parfois, le fait d'être bien élevé est un frein, mais une chance aussi, car je le sais, il me l'a avoué, il me lit tous les matins. Alors, Monsieur pure souche de bêtises, voici ma réponse : ne parlez pas de sujet dont vous n'y entendez rien, vous qui êtes bien enfoncé dans vos certitudes, sachez que l'univers a une conscience, d'après des scientifiques américains. Qui l'aurait cru ! Comme homme, vous me faites rire et si vous étiez une femme, vous m'inspireriez le dégoût. Vous êtes plus lourd qu'une enclume, et aussi con qu'un fer à repasser. J'ai souffrance pour la femme qui vous accompagne qui a pu s'amouracher de cette latrine, c'est bien la preuve de l'abaissement des hommes de ce siècle. En écrivant ce texte, je frémis encore d'horreur de vous avoir rencontré. Veuillez agréer "chèvre" Monsieur, l’expression de mes sentiments choisis.

Anonymode