mardi 16 octobre 2018

CARAT MOI GEMME !

Le Carat est une unité qui mesure la masse pour la pesée des diamants avec la graine de caroubier et ses sœurs précieuses. Richemont mesurait déjà le temps qui bat dans l’ombre avec cette douceur, coup par coup, dans le boîtier de ma Baume & Mercier. Quand je suis arrivé rue Vieille-du-Temple, le lieu me sembla adéquat pour un diamant. Une éphémère boutique de Cartier m’ouvre la porte de sésame ainsi que celle de mon âme pour ré-écrire le conte des mille et une nuits. Je viens pour découvrir la dernière création de la marque et son flacon et c’est toujours avec une émotion non réprimée. Mon cœur battait selon les consonnes et les voyelles de ce nom, un « C » pour Cartier, un « A » pour Asmara et un « T » pour Tangara, le juste nom que connaissait mon Nez.

Syllabes épanouis, ce Carat dont on ne peut se nourrir, hante mes os au premier contact, pour finalement arriver jusqu’autour de mon nez. La vue d’un flacon de la vallée de la Côte d’Albâtre émoustille toujours mon imagination, et me remémore des jours heureux quand j’y travaillais autrefois. Un diamant de Pochet, qui passe dans les mains expertes d’hommes/machines, fascine par son irisation, et sa structure Art Déco si difficile à démouler de son empreinte en acier poli comme un miroir.


En son centre, un parfum chic et doux à la fois, comme un triste sentiment mais avec des yeux rieurs, laissant bien sentir que la tristesse est là pour nous donner l’impulsion du rêve, comme si je respirais l’odeur du sein chaleureux de ma bien aimée, qu’éblouissent les feux d’un soleil dans un nuage de senteurs. Une effluve pour forcer à coudre la terre au ciel d’un miraculeux mélange des plus essentiels, nourrir mon émotion, et voici l’apothéose de la fin d’une matinée.

J’ai ouvert mon cahier d’écolier à spiral et mouillé ma plume sergent major, pour coucher sur celui-ci cette offrande faite à mon cerveau. Une immersion dans une boîte à images qui me filme et me surprend, comme cette Marie Etelle qui ne me gratifie jamais d’une d’invitation pour ces produits Cartier qui enchantent mon âme, mais la mémoire est une chose essentielle dans le luxe et certaines en sont dénuées, et pourtant, pour le parfum, la mémoire est d’abord olfactive. Les initiés apprécieront.

Anonymode