jeudi 20 septembre 2018

GAFA TES DROITS

La directive européenne sur la réforme du droit d’auteur fait l’objet d’un lobbying tout azimut entre les partisans médias, les créateurs, les opposants géants du numérique et les militants de la liberté sur internet. La réforme, proposée depuis 2016 par la Commission Européenne, est de moderniser le droit d’auteur à l’ère du numérique. Le principe est d’inciter les plateformes sur internet à mieux rétribuer les créateurs de contenus, mais aussi de créer un nouveau « droit voisin » pour les éditeurs de presse, car les journalistes et leurs articles sont repris par les GAFA sans être rémunérés pour les droits de redistribution.

D’un côté, les créateurs et la presse, en quête de revenus, de l’autre, une alliance inattendue entre les géants du numérique, qui craignent une remise en cause de leur « business model », et les militants d’internet, qui voient dans le texte une menace pour la liberté du web. L’industrie numérique a remporté début juillet une première manche quand le Parlement Européen a rejeté le texte, qui doit être soumis à un nouveau vote en septembre. Plusieurs députés européens avaient alors dénoncé le lobbying « sans précédent » des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), et les accusent de manipulation.


La presse européenne a publié une tribune de Sammy Ketz, grand reporter de l’AFP, signée par plus de cent journalistes européens. Il y dénonce le « lobbying mensongé » de Google et de Facebook « selon lesquels la directive sur les droits voisins menace la gratuité d’Internet » alors que Facebook parle de faire payer le fait même d’être sur son portail : un double langage qui vient ajouter à la confusion des genres. Nous sommes habitués avec les GAFA.

Pour la mode, cela veut dire, pour ceux qui n’ont pas encore compris, que les photographes devront être rémunérés à chaque fois que vous publierez des photos sur votre compte Facebook. Ce qui pose problème pour les photographes inconnus, ils n’auront plus jamais la chance d’être remarqués car ils ne seront jamais publiés. Si ce projet est voté, on revient à la case départ : au temps où les photos de la fashion week ne paraissaient que 6 mois après les collections. Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres de demain.

Anonymode DROITS