mercredi 7 mars 2018

LA MODE A L’ELYSÉE

C’était hier à l’Elysée où l’ancien patron de Bercy recevait la plèbe de la mode, lui qui avait réalisé le redressement du slip français, s’y connaît certainement. Une kyrielle de couturiers encouragés par son amie, la dauphine du Seigneur des Arnault, qui conseille « Panier d’Ausière » sur ces tenues. L’ensemble des couturiers disait-il ? Oui, mais seulement ceux du groupe Vuitton et du Prince de Venise qui s’approprient le monde de la Haute Couture et de la mode. Mais, où étaient donc les Franck Sorbier ? Les Stéphane Rolland ? Les Adeline André ?... Ils bénéficient, comme les autres, de l’appellation « Haute Couture » et, pour un seul seulement, l’appellation « Maître d’Art ».

En revanche, des couturiers, comme Elie Saab qui font fabriquer au Liban et ne font pas travailler la France, étaient présents. Quelle gageure! Le gamin de Balmain, qui lui n’a jamais été à l’école et qui a quitté Esmod deux semaines après la rentrée, trouvant cela trop dure, était invité par un ancien professeur dont l’objectif devrait promouvoir les écoles de mode françaises.

Oh, soyez en sûr tous les florentins et courtisans étaient bien là aussi légitimes qu’un vers à soie dans la feuille d’une salade. Même, la grande prêtresse du grand magazine américain, Anna Wintour, qui vient conseiller la mode française alors que les couturiers américains quittent la Fashion Week de New York. En revanche, les publications françaises ou influenceurs n’étaient pas invités. Une faune hétéroclite d’anciens mannequins, d’étudiants et miséreux de mode du sentier pour, au final,s oublier notre Karl national : « Ich bin ein Parisianer ».
Qui a bien pu dresser cette liste informe ? Probablement, un humain de contrefaçon ! Cette personne, en invitant plutôt ses copains que de respecter un protocole que Jacques Mouclier, en son temps, aurait très scrupuleusement respecté pour les Egos de chacun évitant ainsi que la foudre ne s’abatte sur la Chambre Syndicale. C’est la couture de l’incompétence et de la vulgarité qui étaient présentes hier. Celle qui vient du limon ramassé par la Reine Margot après les inondations de la Seine. Une tribu qui pense que la mode, c’est elle, alors que la mode ce sont les autres. On essaie de les anoblir en les rendant plus présentables mais la manière, dont on les entoure, ne les anoblie en rien. Bien, au contraire.

Nous avions hier tous les faiseurs de bric-à-brac, les besogneux de l’intrigue, les fabricants de mouture infâme qui osent appeler couture et qui, quand vous leur parlez en tête à tête, font tellement ordinairement doué. La mode est ainsi, dissimulant des paradoxes truculents d’axiomes, des révolutionnaires brutaux, pas mal élevés mais pas élevés du tout qui diffusent à foison les idées reçues par les uns et acceptées par les autres. La mode est devenue une bande de chacals qui fait la triste besogne de ramasser les restes des lions morts pour en vivre.

Voici donc le dernier chant du cygne que les dirigeants, après leur décès, vont transformer en un cri de canard. Malheureuse, la Haute Couture française que cette engeance de modeux choisis par Didier Grumler vide cruellement notre pays de talents et tout cela, pour finir par faire un champ de ruine, mais un champ à leur image pour leur Ego. Marrant, non ! Comme disait le philosophe.

Anonymode