lundi 22 juillet 2019

AUGUSTE THE RUSH

C’est la mode des crêperies et elles foisonnent dans Paris. La bobocitude parisienne, qui passe ses vacances entre Cancale et Dinard, redécouvre les crêpes de leur enfance. Voilà « Chez Auguste », pas celui né à Rome le « Gaius Octavius Thurinus », mais celui qui est breton comme sa galette de sarrazin ; les voyages forment la jeunesse.

Nous sommes au  86 de la rue St-Martin à côté de St-Merry et, si avant de rentrer au restaurant, vous deviez visitez l’église, levez les yeux sur la clé de voûte du portail principal. Là où habituellement on trouve le Christ ou la Vierge, vous découvrirez une étrange et monstrueuse sculpture : une barbe et des seins, une tête avec des cornes et des ailes dans le dos : serait-ce la personnification du diable ou un signe alchimique ? Il n’y a rien d’étonnant car c’est dans ce quartier où vécurent les templiers et leurs secrets de richesse, mais surtout, un peu plus tard, Nicolas Flamel qui, selon la légende, aurait transformé le plomb en or avec Dame Pernelle qui était Bretonne.

vendredi 19 juillet 2019

UN MOMENT D’OPTIMISME

Il y a parfois des sources inépuisables de joie intérieure qui peuvent passer devant vous et qui rendent votre cœur joyeux et débordant d’optimisme. Toujours en recherche d’idées, je m’évertue à décrire cette société dans laquelle nous vivons et, pour cela, je m’étais installé face à la conciergerie en quête d’idées, sur un transat que la mairie met à ma disposition pour mes longues après-midi de réflexion et de flânerie, pour mon slam de Paris !

Je constate que par terre autour de ce transat foisonne une multiplicité de mégots laissés là par des humains ayant les neurones au chômage technique. Personnellement, je ne fume plus depuis le 1er janvier 2000, cadeau que j’avais fait, en son temps à ma femme, comme signe de mon amour éternel qui n’a pas duré.

Deux jeunes filles armées de bouteilles en plastique s’approchèrent doucement de moi en faisant des petits bons et ramassant au passage tous les détritus et mégots qui jonchaient les pavés du roi. Elles échangent à haute voix pour que j’entende : « Les gens sont terribles. Ils laissent leurs mégots partout en me regardant avec un œil réprobateur ». Sortant de ma rêverie, je leur interjette que ce n’est pas moi car j’ai arrêté de fumer il y a bientôt 20 années. Étonnées ! L’une d’elles me dit : « Alors là, cher Monsieur, pour nous : vous êtes le Phénix des hôtes de ces quais » citant Jean de La Fontaine.

jeudi 18 juillet 2019

ELIE SAAD CHINOISE-MENT VÔTRE

Au sens strict, on entend par chinoiseries un style européen de décoration dont l’origine s’inscrit dans une problématique d’échanges artistiques entre des civilisations très éloignées et fondamentalement différentes dans leur perception du monde. Le terme, lui-même, est apparu dans la langue française vers 1845, avec une connotation nettement péjorative qui a longtemps perturbé.

La perception même de la Chine s’était inscrite autrefois dans une fausse image de l’Asie, résultant probablement de la méconnaissance qu’on avait de cette région du monde et longtemps caractérisée par son isolement et sa fermeture à l’étranger. La Chine, ancienne espace géographique et culturel inconnu pendant longtemps, n’avait été parcourue que par quelques rares voyageurs, provocant des  fantasmes à son sujet les plus fous, que peu de gens pouvaient les contredire.

Mais, voici le Elie « Damour » bercé par une grande blonde à la peau trempée dans un bac de kaolin donnant une porcelaine fine, mélangeant un fleuve de couleur topaze, avec des yeux retroussés vers les tempes. Le voyage d’Elie Saab, de la frontière de l’Empire Ottoman passant par Gènes entre l’Orient et l’Occident, s’ouvre sur la mer Égée, comme autrefois les chevaliers de Rhodes qui foulèrent ces mêmes routes. Voici le Sieur « Oüanges », visiteur chinois, qui croyait que l’Europe était un paradis d’honnêteté et de justice et qui raconte sa déception à Montesquieu, comme pour cette collection faite de traînes pour des traînées, qu’il veut nous chanter comme la fleur du pêcher.

mercredi 17 juillet 2019

LE CIRQUE DES POÈTES ABACUS

Un spectacle qui détonne, mêlant cirque et danse, comique et dramaturgie, un  coup de poing qui, par le mélange des genres, nous entraîne dans un voyage de la vie dans toute sa complexité et sa beauté. Raphaëlle Boitel, danseuse circassienne, – « traduisez du Caucase » – chorégraphe et metteur en scène, rend un hommage profondément touchant et poignant au cirque, et plus particulièrement à Annie Fratellini, première femme clown avec qui elle a eu la chance de travailler. Miroir profond et sombre, où des anges charmants chargés de mystère, apparaissent dans des murmures d’un rayon de lumière transporté par un public médusé. 

Le cirque rejoint ici le merveilleux, un mirage qui vous plonge dans un rêve. Des tableaux qui nous plongent, grâce à des jeux de lumière qui ne sont pas sans rappeler les clairs-obscurs du Caravage, dans les profonds contrastes de notre vie intérieure.

mardi 16 juillet 2019

EYMERIC FRANCOIS BARBE A PAPA

Elle s’appelait alors « rue de l’Enfer », nom probablement dû à sa proximité avec la « rue de Paradis ». C’est ici que nous arrivons pour la collection d’Eymeric François. Cette rue s’appelle dorénavant la « rue Bleue ». L’histoire raconte que son nom provient d’une manufacture de boules de cristal du même nom, fondée bien avant que Jacques Mouclier ait des bureaux non loin de là quand il présidait la Fédération de la Cristallerie. La rue de la chaleur et de la fureur de coudre est peut-être aussi celle des furies que propose Eymeric par ses mannequins, rêve d’un hétéro comme ces divinités romaines non soumises à Zeus qui tourmentaient les hommes pour les faire expier, un songe, en tous cas, pour moi…

Un flot interminable au pied de l’immeuble, je rencontre Xavier Chaumette, le noble prince et historien de la mode qui dans son infinie gentillesse m’adresse la parole en me faisant croire que l’instruit c’est moi alors que la culture toute entière du métier c’est lui. Comme une montagne tombant à jamais dans des mers sans nul rivage, il attend patiemment de voir la collection de ce talentueux couturier. Je prépare mes crayons car j’aspire aux cieux qui débordent des eaux calmes et glacées d’un verre de thé qui viendra me transformer en un Rimbaud, le même que certaines Bimbos, derrière moi, lisent « Rambo », le prince des poètes militaro-américains !

lundi 15 juillet 2019

QUAI DE SCÈNE DE MÉNAGE

Voici l’histoire des quais de Seine que l’on a « piétonnisé » pour en faire le soir à la fraîche une buvette géante, et un parking à bobos pour pique-nique du vendredi soir pour, au petit matin, les rendre au camion Derichebourg. Un chemin de Seine transformé en poubelles par des jeunes « Gringa Lait » comme des clous, et là, où je cherchais de l’or, je n’ai trouvé que des ordures. Ces crapauds de pissotières, au moment de plier bagage, synthèse de la connerie et pas éduqués, laissent sur les quais aux agents de nettoyage un spectacle désolant de bouteilles vides, sacs en papier, sachets de chips, verres… La plage s’est transformée en une montagne, mais de déchets !

Quelle dichotomie de voir la conciergerie devenir peu à peu les poubelles de l’histoire de la Reine « Magot » ! Voici les voitures de la capitale toujours plus nombreuses, et ces espaces de vie alcoolisées deviennent peu à peu des zones de non-droit, et dans quelques années on viendra nous dire que les jeunes et l’alcool sont un problème de santé publique. Entre ces jeunes puceaux dans un coma éthylique qui dorment dans leur vomi, et d’autres qui se battent gonflé d’alcool et de testostérone en abondance pour une belle anorexique que l’alcool a rendu canon, alors qu’elle n’était que pute de chantier.

vendredi 12 juillet 2019

ROLLAND SLAVE DE MONGOLIE

Nous arrivâmes sur le boulevard Haussmann, une artère faite d’immeubles parfaitement alignés qui se dressent comme un rempart, mais subitement tout change car à l’arrière de celui-ci, nous pénétrons dans les arcanes du pouvoir, sur la droite, la voyez-vous cette rampe remplie de pavés qui s’échappent de la rue avec tant de grâce ? C’était là où, autrefois, les carrosses arrivaient pour franchir cette porte discrète ornée de deux aigles de bronze, là où l’empereur aurait dû accueillir ses invités en toute discrétion. « De quel style est le nouvel opéra ? » demanda, en son temps, l’Impératrice Eugénie. L’architecte Charles Garnier lui répondit : « C’est du Napoléon III, Madame. »

Nous voici donc devant l’Opéra Garnier pour la présentation de Stéphane Rolland, et dans la brume du désert des Tartares à la limite de l’Oural, là où le désert de Gobie commence et où la frontière de la Chine est si proche, c’est sur un air de Jessye Norman, que le créateur à la barbe bien taillée et au cheveu de d’Artagnan charge l’histoire d’une collection Haute Couture, et, comme un signe, il sort de son sillage pour prendre son envol, l’amour de la couture transcende toutes les frontières, qu’elles soient géographiques, sociales ou politiques car il parle au cœur de chacun, et Rolland nous parle au coeur.

jeudi 11 juillet 2019

UN ODORAT POUR COMPRENDRE

La partie du cerveau responsable du sens de l’odorat est le système limbique, et, oui, « cela n’est pas un peu court jeune homme ! ». C’est ce Cyrano ou cet appendice qui est responsable de la cognition olfactive mais également l’administrateur de notre capacité à ressentir et à nous souvenir. A 13 semaines, un fœtus a un sens de l’odorat pleinement développé et c’est là où ses préférences gustatives commencent à se former. Une fois né, notre monde entier est une odeur, c’est notre sens prédominant jusqu’à nos 10 ans. Notre seul autre sens plein, qui se développe à grande vitesse à ce stade de l’évolution, est celui de l’émotion. 

A chaque fois que quelqu’un expérimente une sensation ou une odeur, celle-ci est stockée dans la mémoire. Les préférences olfactives sont basées d’abord sur notre culture et le milieu de vie de chacun. Chaque odeur est un ingrédient qui, au cours de notre première décennie de vie, est un ensemble que nous partageons avec toute l’humanité. C’est la seule chose que nous avons en commun sur l’ensemble de la planète, que l’on soit jaune, blanc, noir ou rouge ?

mardi 9 juillet 2019

JACQUELINE BOUVIER IN PARIS

Voici l’histoire d’une année passée à Paris qui a transformé une étudiante alors inconnue du grand public, Mlle Jacqueline Bouvier s’est vue sa vie transformée à jamais par son voyage dans la capitale Française. Je parle bien sûr, pour les Bimbos de la télé-réalité, de « Jacqueline Kennedy ». Avec son nom et son héritage, Française par son père, elle était déjà prédisposée à admirer la France, mais son année universitaire de 1949 à 1950 a cimenté sa passion, lui permettant ainsi d’absorber la langue et le pays de Louis XIV, où comment les Français ont dirigé le monde en sous-main par la Première dame la plus célèbre des États-Unis.

Dans une famille d’accueil aux rues étroites du quartier Latin, à l’angle de la rue Jean de Beauvais et de Latran là où s’élevait en 1552 la maison Grosse-Escriptoire de Guillaume le Bé. Habile fondeur de caractères romains, grecs, et hébraïques, il se trouva fort dépourvu quand il dut mettre en exergue typographiquement un texte cité, il inventa alors une ponctuation qui ouvrait judicieusement devant la citation et se refermait à la fin… Chacun bientôt baptisa « guillemets » ces signes conçus par Guillaume.

lundi 8 juillet 2019

UN FICHIER JPG CORROMPU

Pour le recyclage, Jean-Paul s’y connaît ! Il a recyclé les idées des autres toute sa vie, et concernant les trompe-l’œil, déjà à l’époque, il avait plagié Vasarely, tellement magique. Devant des Bimbos incultent, il s’en attribue les dessins, mais au « Front Row » de ces donzelles qui va comprendre que c’est l’artiste de génie Victor Vasarely dont il s’agit ! Des trompe-l’œil sur la fourrure pour mieux la promouvoir, trompe-l’œil est le mot juste d’une collection qui trompe non seulement la vue mais également, les gogos archi friqués qui viennent pour le show.

Maudit soit le « Couseur », dont la preuve sortant de son aiguille, tenaille la mode sans rime malgré Minerve. De ses lourds Nogent, martelant le bon sens, il a fait de la couture une prose en douze pieds alors qu’il faudrait compter en « verres ».  J’ai assez de courage pour regarder au-dessous de moi, et cela me donne une mauvaise envie de décrire les modèles comme ils sont : des vêtements de « Couture être » affamés qui déforment le métier en fripier plagiaire et tartuffe achevé. Un « Gonthier de Baignaux » qui a expiré devant nos yeux, et qui remplit encore à présent tous les théâtres des équivoques dont on ne finit jamais de soigner l’affectation des yeux de ses contemporains. Si on découvre que le Kaiser avait entièrement reconstruit son histoire, vous pouvez imaginer la vraie histoire d’un fichier JPG.

dimanche 7 juillet 2019

SORBIER CHEVALIER DES ARTS

Amis des balades en poésie, voici le jardin secret de Franck Sorbier … C’est la première note magique jouée sur la corde d’argent d’un cœur en été, la caresse des yeux de la Fashion Week toute entière, un message qui livre les secrets ineffables et exaltants de la semaine. Voici donc l’âme qui élève aux limites de l’être dans lesquels seul le fond peut paraître aux gens éclairés, et là où les humains de contrefaçon sont expédiés manu militari en terre Adeline pour y faire retraite.

Une lumière précieuse, comme une note magique d’un sac où les secrets de femmes foisonnent, dans un désordre organisé. Une princesse douce comme de l’Hermine de Clermont et du tonnerre de surcroît, au cœur avoué de caresses qui courbe de ses yeux une salle sous le charme de ses deux Braques de Weimar d’un gris sublime. Une rivière de danseuses, donnant l’émotion et dans l’orée parfumée de leur sourire radieux, touche les âmes et parle avec les yeux.

Voici les robes en ville qui se transforment en robes de Haute Couture sur un simple geste, et le maître Franck Sorbier invente encore et, comme à chaque fois, une idée qui sera reprise par les autres, car la mode c’est lui, alors que les autres ne restent que les autres.

vendredi 5 juillet 2019

GUO PEI LE CORBEAU DU SI CHUAN

C’est comme un oiseau d’ébène qui induit la triste imagination d’un sourire chinois. Voici le grave et sévère décorum de la déconvenue, la vision lugubre du corbeau errant loin du rivage de l’Empire du Milieu… de la nuit. Une collection impériale au rivage plutonien, dans la prison de la cité du même nom, Guo Pei nous donne la Chine dans sa sinistre rétrovision d’un monde si isolé et si agoraphobe. Quel connaît mal le pays qui l’accueille !

La maison de la « Rugo » Pei retombe dans ses travers qui vous empêchent de voir une collection simple et sans débauche d’agents de troc. Voilà la cible et les oiseaux de Hitchcock qui annonce le malheur et qui fondent sur nous comme le ferait ces oiseaux déplumés qui avouent sans ambages leur déchéance.  Le paon à l’air de se plaindre, au milieu des rossignols qui chantent si bien dans la haute couture, mais la profession est ainsi, tranchante comme la lame d’un Katana qui se frotterait à une soie de Lesage.

Oiseau jaloux qui devrait se taire au lieu d’envier la voix du rossignol. Le corbeau sert pour le présage, tandis que la corneille alerte par une chronique sur une couture en errance des « Vamps Pire » du milieu.

jeudi 4 juillet 2019

ZIAD, UN COUTURIER A SUIVRE

Ce jeune fils spirituel d’Elie Saab en mieux, voit sa couture définie en trois mots : féminine, élégante et gracieuse. La mousseline de soie et les broderies y sont légion. Ce libanais, qui découpait déjà des robes quand il était enfant, habillait soigneusement les poupées de sa petite soeur. Ziad, l’homme, qui aimait les femmes, a compris depuis longtemps que celles-ci étaient l’avenir de l’homme.

La maîtrise du couturier, à la fois dans sa technique et dans sa justesse, a donné, hier matin, au pavillon Cambon, non loin de la maison Chanel, toute la splendeur de l’Orient que même Coco n’avait pas saisi. Magie de l’Orient et mélange des parfums de miel et d’encens, j’aime les mots chantants et cette écriture calligraphique qui stigmatise à elle-seule tout un peuple. J’aimes les felouques et leur voile dressée comme des robes de Haute Couture et qui résume cette atmosphère si particulière des portes de l’Empire Ottoman. Quand Chateaubriand racontait son itinéraire de Paris à Jérusalem ou Lamartine son voyage en Orient, Delacroix peignait la fiancée D’Abydos.

L’Orient qui se dessine maintenant n’est ni hébraïque, ni turc, ni grec, ni persan, ni arabe, ni même espagnol… C’est l’Orient de la couture, celle qui n’a pas de patrie. Une superbe collection à découvrir. Dommage que cette collection soit à la même heure que celle du Maître Franck Sorbier ! 

Anonymode

mardi 2 juillet 2019

SCHIAPARELLI PARIS TEXAS

Pas la peine de se fatiguer à chercher qui est le créateur de Schiaparelli, car au premier mannequin on devine Thom Browne à la « maheutre », celui qui avait conquis l’architecte « Raf si monstre ». C’est au pied du pavillon « Sans Bon » là où Chanel officiait que nous venons voir l’homme de Dallas, mais la Bible ne fait pas le moine, et, par la chaleur actuelle, à vaincre sans baril, on triomphe toujours sans boire.

Voici le texan, le plus inconnu des couturiers, Daniel Roseberry qui se met en scène sur sa table de travail au milieu du « cat walk », avec dans ses mains non pas un crayon mais le couteau de Fulbert et la patère de Corybantes, ayant pour objectif de rendre Venus inféconde. Des mannequins maigres comme les clientes de l’Armée du Salut, le Torquemada du Texas et des maisons de couture, fils spirituel de Raf Simons et de Thom Browne qui se seraient accouplés pour féconder une haine sournoise à la beauté. Celui-ci répugne au format harmonieux, comme pour punir les poètes que nous sommes parfois, et nous frapper sur des biens qu’il a perdu depuis longtemps. Un Nicolas Ghesquière des pauvres, couturier d’astreinte, il lui ressemble d’ailleurs. Il se met à son pupître et commence à faire ses dessins pour nous montrer qu’il sait dessiner alors que nous aurions préféré qu’il sache « couturier ».

lundi 1 juillet 2019

JOSSE LA FEMME DES SABLES

En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable après cette chaleur si intense et nous nous sommes rendus à l’hôtel le Marois, plus connu sous le nom France Amérique. En 1863, le comte Le Marois, fils du général du même nom, aide de camp de Napoléon Ier, fait construire cet hôtel particulier par l’architecte Henri Parent à l’emplacement, dit-on, d’une maison habitée par la courtisane Marie Duplessis, modèle de La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas. Sous ces pierres, le parfum de la beauté y rode encore.

Et pour les nymphes éclairantes et chaudes de Christophe Josse, le lieu s’y prêtait parfaitement, avec leurs robes nacrées, comme le sable beige et l’azur des déserts, comme la houle des mers qui se développe avec indifférence. Voici une robe de berger en mohair, ornée de minéraux brillants et symboliques de l’ange qui se mêle aux femmes du nord et à celles du sud dans un délicieux canevas de soie.

C’est la lumière de la mode, qui brille comme un astre utile dans sa froide majesté, une nymphe habillée d’une robe en résille de lin blanc, rebrodée de passementerie, un hymne à la beauté du touché, qui caresse les corps des grandes bourgeoises d’un temps déjà passé, mais en redevenir. Une splendide collection.

Anonymode

vendredi 28 juin 2019

MILLENNIALS UN MONDE D'INCOMPRÉHENTION

La génération du millénaire reste pour le luxe un monde d’incompréhension. Cette génération différente de la Y où deux sur dix âgés de 18 à 30 ans ne possèdent pas de carte de crédit mais seulement des cartes de débit. C’est important parce que les Millennials dépensent leur argent différemment et d’ici 2025, ils détiendront la moitié de tous les revenus disponibles de la population active dans le monde entier. C’est fascinant de voir à quel point la génération du millénaire résonne, une génération qui échappe aux catégories préétablies, et les marques de produits de beauté entretiennent des liens très profonds avec ces nouveaux consommateurs, ils les comprennent plus que les autres secteurs d’activité, et il faut noter que la montée en puissance de nouvelles marques au cours des dernières années a renversé le commerce de détail.

Beaucoup d’autres industries de la vente de détail se tournent vers la beauté pour apprendre à gérer ces nouvelles populations. Soixante-seize pour cent ont déclaré découvrir de nouvelles marques et produits de beauté sur les médias sociaux, tandis qu’en quatrième position la recommandation venait d’un ami, un phénomène de bouche à oreille viral qui s’impose. Dans le même temps, 72% achètent des produits directement à partir des plateformes des médias sociaux.

jeudi 27 juin 2019

ON AURA TOUT VU PAROS

« On Aura Tout Vu » s’installe à Paros dans la mer Égée. Île célèbre pour ses villages traditionnels et, dont la capitale de Parikia représente le centre de l’archipel des Cyclades, abrite la basilique de la Panagia Ekatontapiliani, église byzantine datant du IVe siècle après J.-C. ? C’est là que la maison de couture parisienne, réputée pour ses accessoires en cristal, à la fois chic et décalés, a choisi de s’installer dans un magasin baptisé « On Aura Tout Vu Paris Paros ». La boutique propose une large sélection de bijoux mais également des capsules pensées et réalisées dans les ateliers parisiens, réservée à la clientèle des Cyclades.

On y retrouve des casquettes, des capelines, des chaussures et une ligne de maroquineries allant du sac de plage aux cabas en passant par les sacs bananes jusqu’aux petites pochettes et, bien sûr, une collection de minaudières, le tout agrémenté de cristaux.

Inimaginable d’ouvrir une boutique dans le pays d’Icare sans y proposer des lunettes de soleil pour ne pas se brûler les yeux. La nouvelle ligne « On Aura Tout Vu Eyewear » a tout naturellement trouvé sa place et propose l’intégralité de ses modèles, sans délaisser la gente masculine. Boutique qui ne sera pas scellée dans le marbre, celui-là même qui fait partie de la célébrité de l’île, car il est le marbre le plus translucide au monde.

mercredi 26 juin 2019

JACQUEMUS PORTE DES LAVANDIÈRES

À une heure de route au nord d’Aix-en-Provence, au milieu des champs de lavande dans le magnifique paysage des Alpilles c’était comme une invitation dans un tableau de Bonnard, une invitation, qui se présentait sous la forme d’une petite bouteille d’écran solaire avec ces mots «Le coup de soleil» ou «The Sunstroke» ; une perspective qui s’est avérée exacte devant la vague de chaleur et quand, au soleil, qui nous tournait le dos nous mettant ainsi face à son ombre.

Les tiges parme s’étendent, s’étirent, ondulent et recouvrent le champ d’un mauve velouté. Elles émerveillent les yeux et colorent les âmes, là où dansent les abeilles dans un nuage bourdonnant. La lavande, doucement, flotte dans l’air.

Un show qui débute par un tailleur-pantalon blanc sur-dimensionné recouvert d’une robe en dentelle couleur pêche. Des motifs imprimés, brodés ou dessinés au laser sur de grandes chemises à manches courtes portées par des dròlla et des dròlle en langue occitane. Un motif floral bleu et blanc peint à la main émerge dans une robe moulante ornée d’insertions au crochet scintillantes et incrustés par des brillants du verrier qui veut se faire diamantaire. Jacquemus a, pour la première fois, fait équipe avec Swarovski, en saupoudrant 385 000 cristaux sur les vêtements, ainsi que sur les chaussures, et sur tous les accessoires allant du sac, aux boucles d’oreilles, bracelets et chapeaux. Voici le retour de ces présentations, dans un cadre loin de Paris, qui rappellent les spectaculaires « catwalk » de Pierre Cardin dans des contrées lointaines comme le désert de Gobi.

vendredi 21 juin 2019

ALLËDJO PARIS FASHION WEEK

Dans les jardins des caresses, loin du Benin, il y a le doux refrain que chantent des cœurs ardents, avec leur voix d’archange aux langueurs sonores et gracieuses de baisers divins. Voilà une volupté sans pareille, comme une ivresse inénarrable le long du fleuve Niger dans la plaine côtière du sud qui vibre dans nos mémoires pour un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Voici l’homme de 32 ans, designer de son état qui nous invitait pour présenter sa « soie » douce comme un bouquet de strophes enfantines. Des chemises pour hommes mais aussi pour femmes, le signe des temps, qui nous fait entrevoir que si Roger Peyrefitte était encore vivant il déclamerait « quand l’Afrique s’éveillera! »

Son nom Allëdjo « signifiant voyageur » sonne comme les chuchotements de guerrier qui ont perdu leur venin, là où la haine d’autrui n’est plus qu’un mal « Bénin ». Voici la culture du monde et de sa mémoire « Africus » qui désigne en latin un vent soufflant sur la région de Carthage. C’était hier, non pas chez Léopold Sédar Senghor , mais 4 rue de Miromesnil tout près de la place Beauvau là où la Chambre Syndicale de la Haute Couture de Paris siège, certainement un signe.

Anonymode

jeudi 20 juin 2019

RAF SIMONS PARIS

L’homme, qui n’aimait pas les femmes, continue sa villégiature en venant imposer son non-talent à Paris. Raf Simons ou l’homme au mille loupés, le calviniste de la mode vient de signer une nouvelle collection, comme un contrat de mode qui n’est autre qu’un communiqué de rien. Ce comptable architecte reste la matérialisation biologique du Designer de demain ; une savante mutation génétique de très peu de talents, un soupçon de rien, et beaucoup d’arrogance. Bienvenue dans le monde merveilleux du prince Raf Simonstre.

Il est comme La Fontaine : sa couture est affable, sa mode n’a pas progressé d’un millimètre, elle recule même, comme le seul examen qu’il a à son actif dans la mode, ce sont ses analyses d’urine.

Non seulement, l’observation est superficielle, les trucs démodés, la narration commune et dépourvue de caractère, et la note du réaliste est inexistante. Le « mètre » est descendu au fond de l’abîme couture. Le vieux fossile, à coté de moi, et qui aurait dû rester enfoui, trouve la collection aussi terrible que l’ouragan Irma, et me dit à mots couvés (normal pour une poule), Il est le « Armageddon »