lundi 25 mars 2019

UN CARRÉ POUR SOI

« Il faut toujours être ivre, tout est là, mais de quoi ? De vin, de poésie, de vertu, à votre guise, mais enivrez-vous ! » disait Baudelaire. Moi, je suis ivre de soie, de carrés frissonnant comme la libellule qui file sur un corps splendide pour finir toujours par s’accoupler aux idées merveilleuses de l’harmonie. Je me souviens de ce carré de ma maîtresse, imbibé du N°5 de Chanel, qu’elle me faisait humer pour mieux m’aguicher. Elle m’entourait de son sillage si doux en m’enchaînant de cette chaîne faite du métal invisible des meilleurs gourous de l’île du Diable.

Sous une lune tiède et pâle, tendrement, elle ouvre ses yeux d’opale d’où la lumière du ciel descend, et l’air léger qui frissait dans les arbres comme si chaque feuille chuchotait pour ne pas réveiller la splendeur de l’herbe grasse de la rosée du matin. Un carré comme une ombre qui file sur l’eau pour descendre la pente du plaisir, et je savoure avec bonheur cette sensation unique. Un foulard pour soi de soie et de joie pour un souvenir grand comme le Corcovado qui reste dans ma mémoire. 

C’est un Prada et il glisse du cou de ma douce et chute sur le sol comme l’aurait fait une météorite en tombant du ciel pour artistiquement réaliser un dessin qui suggère les géoglyphes de Nazca. Jamais rien ne sera aussi sensuelle que ce carré de  » Milo tes Muses ».

Anonymode

vendredi 22 mars 2019

HERPÈS AU GRAND PALAIS

La maison du « faux bourg »  sous la coupole du Grand Palais, un caramel qui colle au palais et menace la couronne. J’avais appelé le patron et l’on m’a dit qu’il était « Tailleur ». Cela m’a beaucoup étonné car j’ai beaucoup de respect pour cette noble profession. Un tremblement de terre de magnitude 15 sur l’échelle de « Hechter », un weekend d’envieux que la vermine éphémère qui démange un instant, mais qui finit toujours par « pet rire ».

70 euros pour un saut dans l’inconnu, une paille, mais pour regarder des dégénérés, c’est un Must si l’on veut rire. C’est le regroupement de la plus belle brochette de « DE » consanguins issues de mariages entre cousins qui viennent se retrouver au Grand Palais en famille. Des dégénérés, qui ne montent pas tous à cheval, des dents, qui se chevauchent, ou mal soignés pour cause d’investissement sur la toiture de la bâtisse familiale à restaurer. Ils viennent en masse voir la dernière « selle » d’Herpès, celle qui trône au fond du couloir à gauche, dans un carré pour crottin d’ânes de « champs pignole » où les nobles Marquis et Marquises ont la délicate attention d’appeler la M…. l’engrais pour les rosiers du château.

jeudi 21 mars 2019

GATSBYING LA MAGNIFIQUE

Difficile de trouver meilleure référence littéraire que « Gatsby le Magnifique » pour illustrer cet exercice périlleux qui consiste à présenter le meilleur de soi-même au prix de nombreux efforts. Voici la nouvelle pratique sortie tout droit de l’imagination de Millennials que rien n’arrête. Le « gatsbying » est en passe de devenir l’activité la plus courue de 2019. C’est en tout cas ce que prédit Canal-Luxe en s’appuyant sur une jeune femme qui fait part de ses turpitudes amoureuses et se livre sans filtre sur sa pratique du moment, le « gatsbying ». Comme son nom l’indique, cette dernière s’inspire de « Gatsby le Magnifique », le héros de Francis Scott Fitzgerald prêt à toutes les dépenses et les excentricités pour séduire une femme qui n’est pas de son rang.

Pour celle qui fait battre son cœur, Daisy Jay Gatsby va jusqu’à se réinventer totalement, se créant une nouvelle vie (il proclame être issu d’une riche famille du Midwest), des études prestigieuses à Oxford et une réputation mystérieuse. Cela vous semble familier ? C’est parce qu’aujourd’hui tout le monde enjolive son quotidien de façon à le rendre plus « attractif ». Qui n’a jamais passé dix bonnes minutes en terrasse à tenter de positionner son Spritz sur le coin d’une table, de façon à ce que le soleil se reflète dedans, juste pour les besoins d’un cliché Instagram ?

mardi 19 mars 2019

CHIC CHIC BANKE BANKE

L’odeur de l’argent y rode encore. Voici le cinq étoiles de Paname qui associe les mystères de l’histoire de Paris et l’art du bien-être de ses clients. On se plait à revivre ce passé en séjournant dans ce qui fût autrefois une des grandes banques haussmanniennes. Sa construction, qui remonte à 1772, devint la propriété de Louis Bonaparte, roi de Hollande et frère de Napoléon 1er, qui l’offrit à sa femme, Hortense de Beauharnais. Le palais entra ainsi dans l’histoire sous le nom de« l’Hôtel de la Reine Hortense ».

Après l’exil de la famille Bonaparte, l’hôtel compta plusieurs propriétaires, dont le célèbre banquier autrichien Salomon Mayer Rothschild qui l’acquit en 1832. La Banque Suisse et Française (BSF) fît l’acquisition d’une partie du site pour construire son nouveau siège, et les travaux prirent fin en 1905 et depuis lors, le bâtiment a gardé non seulement les richesses de la bourgeoisie française, mais aussi ses secrets les plus intimes. En effet, cette ancienne banque, devenue Hôtel, regorge de secrets cachés et a conservé la salle où 461 coffres sont toujours fermés pour l’histoire. Et l’on dit même que l’un d’entre eux pourrait cacher un bracelet en diamants que l’amant d’Hortense avait reçu en cadeau.

lundi 18 mars 2019

VUITTON LA TIRADE DES TUYAUTÉS

Le bleu pour la circulation de l'air, le jaune pour l'électricité, le vert pour l'eau et le rouge pour la circulation des personnes, voilà l'inspiration qui a mené Nicolas à regarder le centre de Paris, pour finir chez Georges pour un buffet campagnard gratuit. Normal, car le BHV n'est pas très loin. Seules les personnes nées avant 58 comprendront.

Que dire de cette collection ? Si j’avais envie de faire plaisir au Seigneur, j’aurais intitulé cet article : « Bravo, mon Seigneur et touchez ma bosse ». Mais, voici ma tirade des « Nuées » de Cyrano de bric-à-brac, un "beau Bourg à la Joconde" dans un décor de tuyaux à "poils laineux" sur un air de Piano mais Renzo et, vraiment piano piano avec Richard Rogers, the rabbit, qui a mis son terrier dans des conduits et qui lui ne baise pas comme un lapin.

jeudi 14 mars 2019

REQUIEM POUR UN BIRKIN

Malheureusement, avec des prix compris entre 7 000 € et 280 000 €, le sac Hermès Birkin n’est pas dans la sphère financière de nombreuses femmes ayant la fièvre acheteuse bien que Victoria Beckham et Kardashian puissent profiter des plaisirs d'un authentique sac Birkin offert par la maison. Pour la plupart d'entre nous, le sac mythique ne vit que sur les pages pelliculées des magazines. Mais, si vous êtes malin, vous pouvez obtenir le même style pour moins de 390 €, et croyez-moi personne ni verra rien.
L'image de cette icône est à la hauteur de Monsieur Dumas, père, ce genre d'homme que l'on appelait, autrefois, un Monsieur (Race de seigneur en voie de disparition contre une bande d'humains de contrefaçon). 

Bref,  l'histoire raconte que Jean-Louis Dumas rencontre sur un vol Paris-Londres en 1981, président de la maison Hermès l'actrice Jane Birkin à côté de laquelle il était assis. Au cours du voyage, cette dernière, lui confie son problème de jeune maman : elle ne trouve pas de sac à main qui soit à la fois pratique et élégant pour ranger son four-tout et celle de sa fille Charlotte. Amusé, le président, jamais en peine de rendre service, la met au défi de dessiner le sac idéal. Elle commença à dessiner dans l’avion, puis, suite à plusieurs rencontres et réunions au Faubourg, le sac naît un matin de novembre 1984 et portera, bien sûr, le nom de sa muse. Sans le savoir, la chanteuse et comédienne venait de créer un sac iconique dont le succès n'a jamais été égalé.

mardi 12 mars 2019

SORBIER HIROSHIMA MON AMOUR

Franck Sorbier ou le livre du voyage, là où on rêve en accompagnant notre vie de solitude fiévreuse le long des rues désertes comme nos jours. Un Kimono ou Obi de rêve que l'on n'aura jamais l'audace de porter tellement il est beau, des robes qui s'illuminent comme des étoiles au firmament de la Fashion Week de Paris, un contraste de noir et de blanc, allant des ténèbres à la lumière, dansant dans une ambiance qui vibre aux sons des baguettes de cristal de Michel Deneuve, comme si j’étais au bord d’un océan que la voie lactée aurait recouvert de son voile sonore.

lundi 11 mars 2019

NOSTALGIA VINTAGE

Lorsqu’une BMW R7 de 1934 a été présentée à Pebble Beach en 2012, le concept bike, qui n’avait jamais pu être produit en 1930 et avait été oublié depuis plus de 70 ans, est restauré par BMW Group Classic pour faire revivre un mythe. Les têtes pensantes pensaient que cela ne marcherait jamais.

Au cours de son tour du monde, la R7 a remporté tous les suffrages dans sa catégorie, nostalgie de l’ancien dans la modernité des motos d’époque qui fourmillent et c’est ahurissant que la R7, construite en 1934, ait été conçue avec une esthétique qui reste d’une modernité comme l’est le bâtiment Art Déco du Seigneur et du bon « samaritain » du luxe. Avec un prix de base de 39 500 dollars, la NMoto Nostalgia est une moto qui sera produite en série limitée et sera disponible en 11 différentes couleurs, la personnalisation, notamment d’une direction réglable et des modifications du coffre à bagages ainsi que de la selle du passager et de multiples finitions.

Le vintage original avec toute la tranquillité d’esprit d’un nouveau modèle qui ne tombe pas en panne, fait son grand retour, c’est la combinaison parfaite pour retrouver sa jeunesse au cinquantenaire, en nostalgie d’une vie passée qui revient à la surface comme un bouchon qui remonte du fin fond des abysses.

jeudi 7 mars 2019

AU PIED DE LA DAME DU CHATELET

On vient en voisin, on ne frappe pas, mais, réservez quand même, car après avoir campé son container-guinguette sur le macadam « apaisé  des débordements et de la fureur d’un fleuve», « Maison Maison » a inauguré une petite grotte sous la culée du Pont Neuf, bien au sec dans les murs du quai, rempart aux aléas climatiques, ce refuge d’une quarantaine de places accueille désormais un décor de banquettes rousses, de tables en bois clair et de bouquets de fleurs, sous les pieds du futur hôtel du Seigneur des Arnault. Presque caché un petit escalier mène au quai du Pont Neuf, l’endroit avec ces trois fenêtres donne une vue sur la Seine et l’Ile de la Cité. La carte ne contient qu’une quinzaine de plats et entrées qu’il est possible de partager, et l’accent est clairement mis sur le « fooding ».

Au déjeuner, Adriana Seghetta (ex-Aux Deux Amis) signe les sympathiques compos du marché dans un menu à 25 € : soupe de lentilles, parfait cabillaud aux coques avec bouillon beurré dément, douce tarte aux poires, auxquelles succèdent, chaque soir, de vibrionnantes petites assiettes : carpaccio de rôti de bœuf et vinaigrette aux anchois (15 €); boulettes de cochon fermier et tzatziki (12 €); ceviche de cabillaud à la ciboule et au combava (16 €)  et j’en passe…

mercredi 6 mars 2019

VUITTON ART CONTENT POUR RIEN

Le Centre Georges Pompidou est un bâtiment emblématique de l’Art Contemporain et Moderne qui a été reconstruit, pour la circonstance, par la maison Vuitton dans la cour carrée du Louvre. Alors que le centre n’est qu’à seulement un vol de Uber, pourquoi ne pas privilégier l’original que préférer une copie. Voici la vraie histoire des intrigues de la mode et du luxe réunis.

Il n’aura fallu au Seigneur des Arnault que trois jours pour reconstruire le musée au coeur du Louvre alors que l’original fut édifié en 5 ans. Vous pouvez ainsi toucher du doigt la puissance de l’homme, le plus influent de France, un croche-pied à Monsieur Grumler qui officie maintenant comme administrateur du Centre Georges Pompidou, celui-ci voulant faire mordre la poussière au Seigneur en lui imposant des prix abracadabrantesques, une petite vengeance de sa présidence écourtée par le Seigneur, mais le camouflet, qui voulait infliger, lui est revenu en boomerang comme reviendrait une ancienne maîtresse pour chercher son cookie.

La Maison Vuitton a donc décidé de faire la présentation à Beaubourg fut-elle obligée de reconstruire le Musée pièce par pièce dans la cour carrée du Louvre. Il est vrai que la collection de Nicolas Ghesquière pouvait difficilement se passer du symbole du Musée d’Art Contemporain le plus connu de la planète pour nous donner une collection extrêmement contemporaine qui joue avec les codes de l’Art Moderne en équilibre sur une branche d’un mobile de Calder.

Anonymode

mardi 5 mars 2019

GIVENCHY ET VIEILLE GRAND-MESSE

Une tente au toit transparent comme si on avait voulu emballer la mode, laissant apparaître les étoiles sous des arbres éclairés par la lune du dernier quartier, juste au milieu du Jardin des Plantes pour ce défilé de Givenchy «Winter of Eden». Eden signifie « délice » en hébreu, mais qui, parmi l'assistance, à part le Seigneur des Arnault, le sait ? L'écrivain américaine Ann Druyan avait une vue plus cynique de l'Éden, plutôt qu'un « paradis », le Gen Eden serait le lieu d'un crime. J’hésite un moment à rentrer dans ce tunnel noir, mais mon bon sens reprend le dessus cela n'est que du vêtement comme dirait Monsieur Marrant.

Entasser 1 000 personnes dans un espace d’une longueur d’un bloc d'immeubles de Manhattan avec une seule entrée qui commence par un tunnel sombre de lumières psychédéliques et sur une musique qui martèle vos tympans, vous rappelant les clubs à la mode de la si britannique et aristocratique Londres du début des années 90.Des filles en mode urbaine de Neuilly, robes de bijoux et "touffe y compris", Clare Waight Keller donne un spectacle incompréhensible pour un résultat Givenchy qui n'était pas vraiment à la hauteur de la marque. 

Les manteaux et les vestes étaient avec de grandes épaules pointues ou arrondies, une robe en soie moulante plissée avec des imprimés de fleurs qui me rappelaient les robes de mon arrière grand-mère, des robes tricots longues comme un vol de Quantas pour Sydney, et si l'horreur était humaine, nous y serions. Des bombers en duvet comme un caramel qui fréquente le palais et menace la couronne, des vêtements de soirée et des smokings à la St Laurent, avec chemisiers précieux à fleurs qui étaient en équilibre sur une esthétique peux convaincante.

lundi 4 mars 2019

NINA RICCI CHARLESTON

Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter sont les nouveaux directeurs de la création de la maison Nina Ricci. Et, lorsque Nina Ricci a annoncé, en août, qu’elle avait embauché  le duo en tant que les nouveaux directeurs créatifs de la maison, mes sourcils se sont froncés, car nous nous souvenions des parasols incrustés dans une culture antillaise, récompensés au Festival International de la Mode et de la photographie de Hyères . Le duo, formé à la mode masculine, faisait que le défi était plus grand. Finaliste du Prix LVMH des jeunes créateurs, aucun des deux n’avait, jusqu’à présent, travaillé pour une marque de mode, encore moins pour une maison.

Comment le duo, connu pour ses contes puissants et ses vêtements fluides enracinés dans la culture antillaise, pouvait-il réorganiser une maison de couture âgée de 87 ans ? Alors que leur collection gagnante à Hyères mettait en vedette un dauphin en plastique attaché sur la tête d’un mannequin, avec un thème balnéaire très marqué, nous nous demandions s’il serait au rendez-vous. Cela a commencé avec un costume bleu marine à fines rayures blanches, avec la chemise en soie qui coule sur le côté comme le feraient les chutes d’Iguazú. En un modèle, il redessine la maison en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Des chemises « oversizes » avec des attaches en tissu aux cols évoquant subtilement la colombe stylisée de la maison et du flacon Lalique, un Air du Temps, avec des éclats de jaune qui ont éclairés le spectacle, brisant une palette neutre. La couture s’inspirait des corsets que le duo avait trouvé dans les archives de Nina Ricci, bien qu’ils aient évité raisonnablement de s’égarer sur un territoire déjà tracé par Jean-Paul Gaultier.

vendredi 1 mars 2019

ROCHAS THE SHAPE OF ACQUA

Alessandro Dell’Acqua s’intéresse à l’héritage couture de Rochas par opposition à cette mode envahissante du streetwear. Un flacon posé sur nos chaises du dernier parfum de la maison nous attendait, un retour au petit cadeau d’autrefois. Voilà que j’ai touché l’automne des idées de cette Fashion Week, et il me faut employer la pelle et les râteaux pour rassembler ses terres inondées d’idées faciles, où l’insignifiant creuse des trous comme des tombeaux.

Voici un nom prédestiné, « Acqua », car quand il est dans l’eau, il a des idées, et quand il en est sorti, il sèche. Voici l’homme de Naple qui utilise des matériaux en tweed tachetés épais, et des jacquards recouverts de laine qui ressemblent à de minuscules plumes alors pourquoi ne pas prendre un plumassier ? Nous voici en plongée dans une construction en trapèze qui rappelle l’époque de la Haute Couture d’après-guerre, celle ou Gabrielle sortait du Meurice avec les gens de la S.S. lisez (Serial Sauwer).

Manteau large en tweed noir sans col garni d’une épaisse bande de perles en jais, avec une jupe plissée noire portée avec une chemise surdimensionnée à manches courtes en cuir noir brillant ultra fin. Des gants noirs jusqu’aux coudes et des bottes cuissardes moulantes donnaient une allure spectaculaire des soirées Sado Maso du Cléopâtre en son temps. Des costumes d’époque comme ce tailleur jupe noir surmonté d’un bonnet en plastique froissé ressemblant à une soucoupe que David Vincent aurait pu voir un soir, alors qu’il s’était assoupissait au volant de sa Fire Bird. Une silhouette que la blogueuse à mes côtés a apprécié compte-tenu des petits sauts qu’elle effectuait sur sa chaise, et donc la pauvre venait de craquer déforestant ainsi l’Amazonie.

mardi 26 février 2019

JAQUEMUS PORTE DE LA NUIT

Une rue de Provence, un décor grandiose de Schtroumpfs pour singer le grand Karl, bienvenue au « Porte » de l’enfer. Je n’aime pas ces couturiers sans diplôme, car, la plupart du temps, ils volent ou détournent les œuvres des vrais créateurs. Souvent, leur couture est une prétérition, et leur culture se borne au gouffre de la nuit que l’on trouve dans la péninsule du Yucatan.

On peut être autodidacte, mais les autres, dont les parents financent à grand coup d’heures supplémentaires les études de leurs enfants, sont confrontés à une injustice flagrante. Il est vrai qu’au temps des cadrans solaires il n’y avait pas l’ombre d’une exactitude sur le cadran de Plourin. Mais, si vous regardez l’histoire des couturiers sans diplôme, les Montana et les Mugler montés de toutes pièces par la presse et les « black rooms » des années 80 où Monsieur Grumler y avait fait son deuxième bureau au-dessous du palace, ces créateurs se retrouvent donc aujourd’hui dans les limbes de la notoriété du fin fond du Sahara, sous le vent de sable de la Villa Majorelle, le seul lien qu’ils n’auront jamais avec Yves St Laurent. Mais, peut-on remplacer personne ?

Les ascensions trop rapides comme l’Olivier Incertain finissent toujours par se savoir. C’est surtout sur le long terme que l’on s’aperçoit que ces génies de la création portés au pinacle des journaux et des magazines de mode n’étaient finalement que des feux de paille au service d’une marque et idem pour Jacquemus qui s’y retrouve juste pour un chapeau de paille. Voilà une bien belle position pour Monsieur Grumler !

vendredi 22 février 2019

ALBERTA COULEUR DU BLANC

Je voulais commencer l'article : assis à côté d’Inès de la Prestance et de la fille de Sonia Nickel, mais l'humour a vite basculé à la concentration happé par le spectacle pour admirer la féerie du blanc et de l'élégance, comme si, sur le podium, le Taj Mahal venait pour briller de tout son blanc. J’écris comme on consulte un album de photos, une photographie au plus-que-parfait du subjonctif, la femme de la photo Iphone, blanche mais en couleur, comme la rêverie d'un poème à la milanaise.

La foutaise extérieure des bimbos de la Fashion Week, d'un seul coup, avait disparu. Nous sommes à Mediolanum et plus rien ne compte même pas la tristesse de la disparition de Karl, car "the show must go on." Le ciel est blanc et le temps taille des images dans l'espace. La créatrice nous donne au stylographe avec une encre blanche, un abîme de sève comme le crépitement des aiguilles à en crever les yeux, laissant couler dans ma mémoire un flux "sans-gain" pour décrire la couture de l'italie.

Je fais le blanc dans ma mémoire ne voulant pas souiller cette collection d'une pollution imposée par ces messieurs de la famille, et je fais un effort surhumain pour me souvenir de cette belle chose : elle était blonde, elle était blanche, et ses cheveux tombaient sur ses yeux de faïence, comme un tir en plein cœur d'un artilleur de Mayence.

mercredi 20 février 2019

KARL SIX FEET UNDER

Il connaissait tout le monde et tout le monde semblait l’aimer, on pouvait suivre son catogan comme la queue d’un chat de gouttière, et d'ailleurs, Choupette en était jalouse. Il était la rencontre des gestes couture et des mots de Voltaire, entre photographie et poésie de Wolfgang Bächler. Passant d'une langue à une autre avec une dextérité sans égale, il pouvait marquer ses distances en un mot bien acerbe.
Un homme qui marchait dans sa tête et qui fait partie de ces personnages qui laissent une trace indélébile dans l'histoire, un artiste aussi fragile que généreux. Homme de cœur, il a aidé l'homme de cour, de Bascher, jusqu'à la fin. Sa démarche assurée symbolisait sa vision vers un monde meilleur, le buste légèrement incliné, les bras ballants en position du balancier comme pour sentir le monde qui l'entoure, le regard droit pointé vers l'horizon pour scruter le futur.
Un fou est un homme qui voit un abîme et y tombe, me dit-il, après cela, le savant qui l’entend tomber, prend sa toise, mesure la distance, fait un escalier, descend, remonte et se frotte les mains en déclarant : "Cet abîme a dix-huit cent deux pieds de profondeur". Moi, je serai toujours entre la toise du savant et le vertige du fou. Il faut de l’intrépidité pour rester entre ces deux asymptotes, me dit Karl, qui comprend que je ne connais pas ce dernier mot et, qui avec une extrême élégance, m'en donne sa signification de façon si habile que j'ai pensé l'avoir toujours connu.

mardi 19 février 2019

VRILLAGE WESTWOOD

C’est le loquax de Viviane, le bavardage de la couture par son jeune gode Michel qui est transformé, pour la circonstance, en couturier loquace. Au mot loquace, nous apercevons la bouche aux lèvres rouges sanguinolentes autour d’un parterre de people qui attendent avec impatience le défilé d’Andreas, le tyrolien de ces dames, « l’autre y chien » qui remue la queue quand on lui parle de la douairière

Si quelqu’un vous dit que pour réussir dans la couture il faut coucher, croyez-le ! Car, dans ce cas de figure, c’est exactement la vérité et c’est ce que nous voyons aujourd’hui à Londres pour le défilé de Viviane Westwood. La million dollar mamie nous donne une leçon de savoir-vivre pour les générations futures. Écologiquement vôtre, la maison vient de se transformer en usine de recyclage de vieilles fringues au kilo que l’on revendra dans les boutiques d’Oxford Street, mais, même à Oxford, il n’y avait aucune intelligence. 

Alors, j’ai sonné au 221 Baker Street pour demander à Sherlock s’il pouvait retrouver un couturier perdu dans les limbes du grotesque. Seul le docteur Watson m’a répondu que c’était sans espoir, car Jacques, the Cooper avait déjà demandé à la faucheuse de passer par la Fashion Week de Londres.

lundi 18 février 2019

NATASHA ZINKOLONDON 2019

Une mécanique couture, comme du même nom de l’escalier, que descendaient les mannequins, dans ce gouffre sans fin de la profession pas sans couturière mais sans couture. Un show dans un escalier où aucune marche ne sera franchie, je parle là de la marche du talent, mais qu’elle ne se désespère pas car les Anglais vont adorer le style copiage de Balenciaga, un bric-à-brac de n’importe quoi que les gens achètent pour pouvoir être différent ! Un escalier pour la petite fille d’Odessa, l’ukrainienne pensait que le descendre lui aurait donné l’inspiration

C’est comme s’il était possible de monter au deuxième étage sans passer par le rez-de-chaussée. Je sais que vous pensez à une échappatoire, la flagornerie pour fuir les étapes, mais dans la vie, il n’y a pas d’ascenseur ! On monte marche par marche avec ses propres pieds et aucune technologie ne peut nous remplacer. Dans la couture c’est pareil. Il n’y a pas de raccourci, on ne saute pas d’étape, on ne peut pas aller plus vite que la musique de la machine.

vendredi 15 février 2019

MONSE WINTER 2019 NEW YORK

Lorsqu’ils arrivent au studio pour l’interview, Fernando Garcia et Laura Kim raconte le repas coréen que cette dernière avait cuisiné la veille, et qu’ils ont partagé dans son appartement de Manhattan. Une chose que la créatrice adore, mais l’emploi du temps surchargé des associés ne laisse pas vraiment place aux loisirs. Deux ans à peine après son lancement, Monse (c’est le prénom de la mère de Fernando, à prononcer « mon-say »), rencontre un succès auquel ils ne s’attendaient pas, sans oublier, excusez du peu, le fait qu’ils aient aussi été choisis comme directeurs artistiques de la marque Oscar de la Renta.

C’est, en effet, chez le couturier, pour lequel ils exerçaient tous les deux, que Kim, 35 ans, et Garcia, 31 ans, ont fait connaissance il y a huit ans. Laura était déjà une styliste confirmée et Fernando entamait un stage, qu’il avait obtenu d’Oscar de la Renta en personne (comme lui, Fernando est originaire de République Dominicaine, et c’est grâce à un contact de son père qu’il a pu le rencontrer). Leur entente a été immédiate, et l’idée de fonder une marque ensemble a fait son chemin.

jeudi 14 février 2019

LE LUXE DICTATEUR DE NOS VIES

Cette uniformisation de notre société et du consommateur - même les fascistes allemands n'avaient pas réussi à l'imposer - c'est le nouveau pouvoir de la société de consommation qui réussit à construire parfaitement autour de nous un mur (c'est à la mode ) en détruisant le réel pour nous faire plonger dans un monde immatériel, cela nous mettra peut-être, à l’échelon de Dieu, comme un esprit en devenant immatériel.

C'est la nouvelle façon d'être humain, et la France produit ce nouveau schéma commandé par nos nouveaux leaders les grands capitaines d'industrie du luxe qui nous font croire que notre vie ne serait pas supportable sans Iphone ou sans sac Chanel. Ce culturalisme est en train de détruire notre pays, et on peut dire, sans hésitation, que le vrai fascisme, c'est le pouvoir de cette société de consommation. C'est comme une sorte de cauchemar dans lequel on voit son pays se détruire jusqu'à disparaître. Et en se réveillant, on regardera autour de nous et on se rendra compte qu'il n'y a plus rien à faire, que de crier " Macron !!! ou autre " pour essayer de se raccrocher à une illusion.