vendredi 22 juin 2018

VUITTON WEST SIDE STORY


Virgil Abloh, après son premier défilé pour Louis Vuitton, a embrassé son mentor, Kanye West, et les deux hommes ont pleuré des larmes de joie, comme deux amants heureux de leur coup avec LVMH. Le Black Power pour une collection White Power, où quand le lobby Afro-Américain investit la mode française, et quand les Kardashian font une entrée dans le cercle très fermé de la Fashion Week de Paris ; vous les virez par une porte, c’est le copain du mari qui revient par la fenêtre.

Il y a quatre ans, le designer de Rockford, dans l’Illinois, a lancé sa marque de streetwear "Off-White" dans le but de révolutionner la haute couture disait-il à l’époque ; confondant couture, prêt-à-porter et haute couture. Mais, finalement pourquoi pas, quand nous entendons notre propre président parler de "Vêtement" pour définir la profession.

Une ardoise vierge, c’était l’idée de cette collection. Comme un bon élève, son schéma de couleurs était basé sur la lumière blanche qui frappait un prisme et se séparait en un spectre de teintes, type "Pink Floyd Prisme", avec des nuances allant du blanc cassé à la palette multicolore du "Magicien d'Ozer" mais, osez fermer le Palais Royal signifie un défit de rien pour le Seigneur des Arnault.

Abloh se compare au personnage joué par Judy Garland, la «fermière du Midwest transportée à Oz, dans une terre de conte de fées où elle expérimente des choses hors de son imagination». Sur sa route, le créateur trouve une veste faite de vison blanc, un chandail à capuchon en cachemire à double face camel et un t-shirt tie-dye en cuir blanc, un vrai "conte de gay".

mercredi 20 juin 2018

HABEMUS BABA AU RHUM

Pas besoin d’être converti pour venir dîner dans cette chapelle à bobos située à proximité de l’Opéra. Un lieu où tu "amen" ta simplicité biblique (tables et chaises en formica) mais trop bruyant pour recueillir les confessions, et trop lumineux pour peloter votre maîtresse sous la table : pas de Boogie Woogie avant la prière du soir.

Le lieu se "prêtre" sans doute mieux à prendre un dernier verre de vin, mais bénissons le dieu Bachus pour que celui-ci soit bon. Donc, après le "béni dit chiqué" : entrées, plats, desserts et des assiettes presque réussies bien qu’un peu osées gustative-ment, velouté de potiron et sorbet au vinaigre balsamique, filet mignon et paillasson d’artichauts, tiramisu aux poires au vin (de messe probablement) et chocolat chaud. C’est bon, mais pas très orthodoxe, et cela n'est pas la croix et la bannière.

Pour accompagner ces nourritures terrestres, vous aurez le choix dans l’opus vinorum, certes concis mais bien fait. Vous pourrez alors boire le calice jusqu'à la lie.

mardi 19 juin 2018

UNE ECOLE ABYSSALE DE FAUTES

C’est la décadence d'une école, qui était d’exception, menée par des hommes et des femmes qui sont devenus, à force de l'habitude du peu, des sectaires iconoclastes, qui difforment les jeunes esprits pour leur faire croire que la mode c’est eux, alors que la mode ce sont les autres. Le vêtement, comme dirait Monsieur Pascal Marrand, qui confond exception culturelle à la française et fabricants du Sentier. Preuve à l'appui : voici l'histoire ordinaire ou la chronique d'un échec annoncé, le défilé des médiocres où seuls les professeurs sont jugés et qui apporte au fromage de leur décadence, spontanément enfantée, l'inexorable décoration du sens esthétique.

Le mieux aurait été de ne pas s’en vanter et de ne rien montrer, mais ils sont tellement sûrs de leur condition d'orgueilleux et dévorés d'ambition, qu'ils accueillent à tout de va pour claironner "regarder comme nous sommes". Laissant leurs élèves de quatrième année montrer leur vêtement plus du défectueux que du merveilleux. Un "an pire" où le royaume du tout va encore plus mal qu’ailleurs. Des élèves qui se prennent pour des "Saint-Laurent" alors que le seul "Saint-Laurent" que je vois ici est le fleuve du même nom de la déconvenue.

lundi 18 juin 2018

A PALAZZO FOR ZEGNA

Pour sa dernière collection à Milan, Alessandro Sartori a choisi de présenter au coucher du soleil. Ce vendredi, la foule de la mode italienne s'est pressée au bord du Palazzo Mondadori, une monumentale construction conçue par Oscar Niemeyer, (l'architecte de la ville de Brazilia pour les sans culture) paysage plat encadré par une série d'arches en béton, comme une robe de Ralph & Russo .

Installé au bord du lac d'Idroscalo, le spectaculaire bâtiment de béton et de pierre de 1968 joue avec l'eau et la lumière. Et Alessandro Sartori l'a vu comme l'incarnation architecturale parfaite des principes de la conception de sa collection de printemps : "graphique et volumineux, mais en toute liberté de poids." Rien à voir avec ma voisine ex-comtesse de Venise qui se mouchait abondamment à mes côtés et qui recréait son environnement en transformant son entourage en canaux de Venise, mais il est vrai que nous sommes composés à 95 pour cent d'eau ; "une belle leçon d'humidité".

Dans sa quête contre l'apesanteur, Alessandro Sartori nous offre un voyage vestimentaire athlétique et expérimenté avec des tissus de nylon légers. Le pont qui s'étendait sur l'eau, avec les bancs de petits poissons qui s'y faufilaient, avait été transformé en une passerelle pour les mannequins, et comme un miroir bordé de blancs, nous avions le sentiment que chaque bellâtre marchait sur l'eau.

vendredi 15 juin 2018

SHUDU SUPERMODEL 3D

Shudu est le premier top model numérique au monde. Elle n'est pas capable de parler ou d'avoir des exigences de star, ou encore un avis quelconque sur vos produits, mais ne sous-estimez pas son pouvoir. Shubu est virtuelle et fait partie des «digital natives» qui vont beaucoup compter demain. Adieu, harcèlement, au plus grand désespoir des Strauss, qui aimait faire tourner les conquêtes comme du bétail bien docile. On n'est jamais trahi que par les chiens.

En février, un mannequin sud-africain nommé Shudu, rouge à lèvres mat et moelleux, venait de paraître. L'image la montre posant devant une toile de fond orange avec ses mains touchant sa tête, ses ongles manucurés à la perfection. La photo est indéniablement incroyable, et il n'est pas étonnant qu'elle ait été reprise par la marque de maquillage de Rihanna, qui a connu un succès phénoménal.  Comme elle commençait à susciter l'intérêt, une nouvelle incroyable a été découverte: Shudu n'est pas humaine.

"Une robote" trop robot pour être vrai, artificiellement intelligente, également citoyenne saoudienne, est la bienvenue dans la sphère des influenceurs d'Instagram. Mais, quand il s'agit de haute couture, Shudu représente une réalité entièrement nouvelle. Une chose est sûre, c'est qu'au moins les mannequins Afro Européens, qui sont en minorité actuellement dans la blogosphère, devront à terme se propager comme une "trainée de Kardachian", un bien pour un "mâle"

Anonymode

jeudi 14 juin 2018

LE FEU CHEZ LVMH

Il y a le feu chez LVMH, une bouteille de gaz "provenant certainement des usines à gaz que l'on peut trouver dans le groupe" a mis le feu hier à l'hôtel de la Dame du Châtelet et du Seigneur des Arnault, j'ai nommé le futur hôtel du Cheval Blanc. A peine construit, celui-ci prend feu hier à 10 heure, et les retards qui s'accumulent ne font pas la joie du Seigneur. D'ailleurs, quelques jours plus tôt, un immeuble sur le côté du futur hôtel s'est écroulé. Les travaux en sous-sol, que le Prince réalise dans le quartier, aura eu raison d'un immeuble du XIV siècle. Probablement, le Prince se fait construire un mausolée comme les rois d’Égypte (Oh raison funèbre !) pour faire de la concurrence à François Mitterrand et à sa pyramide si proche.

Voilà déjà sept ans que l’immeuble paye sa taxe foncière sans broncher à la Mairie de Paris, mais il est vrai que cette dernière lui a donné, en contrepartie, la fermeture d'un souterrain dans les Halles, devant le futur hôtel, ainsi que la condamnation de la bouche de métro : "pas assez chic mon frère", et sûrement, la piétonnisation de l'ensemble de la rue du Pont Neuf à terme. Que ne ferait-on pas pour le seigneur !  Catherine de Médicis, par lettre patentée, avait donné son accord pour construire ce pont, à l'époque, et pourtant, elle ne connaissait pas encore le cheval blanc d'Henri IV, qui lui lance les travaux en 1606 et ceux-ci se poursuivront jusqu'en 1607 sous son règne.

mercredi 13 juin 2018

LE LUXE EN TÊTE DE L'EAST

Les ventes de produits de luxe devraient progresser de 6 à 8 % cette année, tirées notamment par les chinois. L'optimisme est de retour dans le monde du luxe et, d'après les previsions, le secteur devrait connaître cette année une croissance comprise entre 6 et 8 % au niveau mondial. Une nette accélération par rapport à la hausse de 5 % constatée en 2017.

C'est la Chine continentale qui portera cette croissance en 2018. Elle devrait y être comprise entre 20 et 22 %, tandis que le reste des pays d'Asie oscilleront entre 9 et 11 %. Les Etats-Unis profitent de la baisse du dollar et le Canada reste performant, mais l'Amérique latine connaît une dynamique mitigée, l'Europe, elle, est pénalisée par l'euro fort avec une hausse prévue entre 2 et 4 %.

Cette accélération est portée par l'engouement de l'empire du milieu  (18-35 ans) pour le luxe, qui comptent désormais pour 85 % de la croissance de l'industrie, les acheteurs de produits de luxe sont jeunes. Mais communiquer avec les Millennials (un terme qui désigne la génération née entre 1980 et 2000, et plus précisément les 18-34 ans) est un vrai challenge pour les marques. Ces « digital natives », qui ont grandi avec la révolution numérique, ne pensent ni ne consomment comme aucune autre génération avant elle.

mardi 12 juin 2018

A VOILE ET A VAPEUR DE BRUNE

Dans la brise du matin, je regarde la femme qui va disparaître à l’horizon. Son sac porte cette charge que certaines femmes lui imposent. Navigante solitaire au gré du vent et dérivant dans la brume, déchirée par une plainte qui ranime parfois l’amertume, j’ai vu l’éclat d’un phare surgir d’un nuage épais ; une boutique dans Dinard qui « vent » un petit moment d’éternité.

Je suivais le cap pour découvrir et, par hasard, accoster sur un artisan métier d’art où l’abnégation fait loi. Une boutique ,qui a un je ne sais quoi, qui donne envie d’acheter, car la résilience, qui y règne, est de cent pour cent d’ivresse et calice de gentillesse.

Un  sac de toile à bateau ou un trésor de bonheurs en échange d’un monde ou d’une idée tellement simple que les marques de luxe, elles-mêmes, regrettent de ne pas l’avoir eue. Allez jusqu’au port où les caprices du temps et de la vie se moquent des tempêtes et de la pluie pour humer ce doux fruit de l’écume de la vague merveilleuse.

lundi 11 juin 2018

LA FASHION DES VASSAUX

Pour que tout change et que rien ne change ! C’est la France de la Ve République celle où les fils de famille et gendres des industriels de France payaient les campagnes électorales pour atteindre le plus haut niveau du pouvoir et influencer les lobby pour sauvegarder l’entreprise familiale, créant ainsi des fortunes pour plusieurs générations.

Tous les maux qui rongent notre profession, depuis des lustres, risquent donc de s’aggraver puisque les « dominants » détenteurs du pouvoir financier et médiatique semblent n’avoir plus aucune entrave pour exploiter au maximum les « dominés ». Maintenant, il voudrait même faire taire les plus récalcitrants. Pourtant, certains humanistes viennent enrayer leur machine à fabriquer du malheur. Il faut que tout change pour que rien ne change. C’est le leitmotiv de la Fashion d’aujourd’hui. Tout le monde bouge et tout le monde change mais rien ne change. Les Florentins, cireurs de poulaine du pouvoir, viennent chercher leur obole en courbant l’échine devant les seigneurs du luxe.

C’est la France des privilèges ; celle qui, autrefois, faisait la révolution et qui finissait par couper les têtes, comme une blessure qu’elle s’infligeait volontairement. La Fashion Week de la discrimination, celle qui vous empêche de faire votre métier, adoubant des journalistes de moche au détriment de journalistes de plume, et si vous n’êtes ni homosexuels, ni fils de famille, il vous faudra ramer pour atteindre la rive car cette vague, vous repoussera inlassablement au large du rivage du luxe. Il faut que tout change pour que finalement rien ne change. C’est la Fashion des nec plus ultra, des dandys vieillissants qui croient faire partie de ce monde alors que la mode ce sont les autres. La Fashion des reporters sans matières, plus rapporteurs d’ailleurs que reporters.

jeudi 7 juin 2018

UN SULFURE EN CRISTAL, C'EST QUOI ?

C'est un objet de collection ou un accessoire de bureau, vendu à l'origine à prix modeste, apparu sur le marché vers 1845 a fait l'objet d'un succès remarqué. Les premières fabrications de Sulfure remontent à 1790. Ce mot désigne exclusivement des incrustations de camées. Le camée est sculpté dans de la pâte de céramique au contact du cristal en fusion. Le camée prend un éclat semblable à celui du sulfure d’argent. D’où, sans doute, l'origine de son nom, sulfure.

On utilisa d'abord du kaolin pour fabriquer la porcelaine. Ensuite, on lui a adjoint du silicate de potasse de telle sorte que le mélange ait la même densité que celle du cristal. Des bijoutiers, des artisans et des cristalleries fabriquent des sulfures de haute qualité, mais, les plus beaux exemplaires restent français. Les procédés, qui sont à l’origine de la fabrication de cet objet fascinant, sont très anciens. En effet, les baguettes de verre multicolores aux dessins complexes étaient déjà connues des Egyptiens sous la 18ème dynastie (1570-1349 avant JC).

Au 1er siècle avant JC, des plaques de mosaïque étaient réalisées avec le même procédé et elles furent plus tard enrichies de fils ou de feuilles d’or. Venise recueillit cet héritage et lui donna des noms qui sont toujours utilisés : “Millefiori”, “Fioriti”.

mardi 5 juin 2018

KATE SPADE PASSED AWAY

La styliste Kate Spade s’est suicidée à New York. La créatrice était l’une des grandes signatures de la mode américaine. Initialement journaliste, elle avait lancé sa marque en 1993 avec son mari, cadre dans la publicité.

Kate Spade, âgée de 55 ans, s’est suicidée mardi 5 juin. Une porte-parole du NYPD a indiqué que si le suicide était établi, ses circonstances exactes n’étaient pas encore déterminées.

Initialement journaliste, Kate Spade, née Katherine Brosnahan, avait lancé sa marque en 1993 avec son mari, Andy Spade, cadre dans la publicité. Elle avait cédé la totalité de ses parts en 2006 et n’était plus associée depuis à la gestion ni à la création au sein de la maison qui portait toujours son nom.

ANTOINE, ALEXANDRE, DELPHINE, FREDERIC ET LES AUTRES

Antoine Arnault a été nommé responsable de la communication et de l’image du groupe LVMH (Moët Hennessy Louis Vuitton). C’est le 1er juin dernier que le Seigneur des Arnault a annoncé la nomination de son fils. Le succès du groupe, plus fort que celui du pétrolier Total l’année dernière au classement boursier du CAC 40, impose sa stratégie devant le groupe Pinault dont le Seigneur dit : « le seul diplôme, que Francois a, est son permis de conduire. » Espérons qu’à force de creuser sa différence avec les autres groupes, il ne finisse par trouver du pétrole ! Il serait même capable de nous le vendre pour du parfum.

« J’ai décidé de renforcer l’organisation de notre communication » nous dit le Seigneur. A 41 ans, Antoine Arnault ajoute donc de nouvelles responsabilités à son arc ; en plus de directeur général de la marque de vêtements pour homme de Berlutti et président de la maison de luxe italienne Loro Piana, il supervisera toutes les agences de communication travaillant pour le groupe et définira une stratégie globale pour l’ensemble des marques du groupe ».

lundi 4 juin 2018

CHANEL DA SVIDÁNIYA

This is how Chanel last presented a fashion show in the Russian capital in 2009, then, its Métiers d’art Paris-Moscou collection and its traveling photo exhibition “Little Black Jacket” in Moscow in 2012.

But fashion show in Moscow on Thursday night, parading his Paris-Hamburg Art Crafts collection in a vast industrial space for Chanel. The factory touch of our preferred powdery  dandy.

vendredi 1 juin 2018

GUCCI AINSI SOIT-IL

Gucci ou "Lacroix" et la manière à Arles ! Voici la grande messe dans une ambiance brumeuse où le feu, celui de la création bien sûre, est matérialisé sur le sol et fait apparaître des nymphes catholiques pour les journaux cathodiques invités pour la circonstance. Bienvenue dans la croisière qui glisse sur le monastère, plus austère que Mona d'ailleurs. Bienvenue dans la Cruise de Gucci ; un moment de présent entaché de futur.
Au cœur des Alyscamps, dans un ancien cimetière romain du IVème siècle, j'entendis un pas lourd approcher derrière la grande arche et, en même temps, je vis, dans un rayon de lumière, apparaître Christian Lacroix. Bruit de chaînes et gros verrous que l'on tirait pour que la grande porte s'ouvre sur le spectacle d'Alessandro Michele. Alyscamps du latin Elisii Campi, "les Champs Élysées" ; la demeure éternelle des âmes de ces héros de la mythologie grecque.

mercredi 30 mai 2018

P MORAND, LA VOIX DE SON ÊTRE

Parce qu’en bon chef de « l’An Pire » britannique, Pascal Marrant, dans sa chronique du Figaro de la mode Outre-Manche de pioche, nous parle d’un moment long, dur et qui débouche sur 60 millions de faux-culs ; le Tunnel sous la Manche, bien sûr.

Ne soyez pas surpris ! Notre Pascal préféré ne pouvant pas parler de la mode française vient disserter sur la mode anglo-saxonne devenant ainsi le prince du Fashion Brexit. Je ne vous expliquerai pas la tenue de son article, car entre le calvinisme, l’austérité victorienne et David Bowie, cela donne un bric-à-brac pour au final faire un article que personne ne comprend même pas lui. C’est le but de nous amuser toujours plus par ces fameuses chroniques destinées à l’almanach Vermo-Figaro.

Tout cela pour nous démontrer que la vie est comme un balancier ; les excès engendrent toujours les opposés. Merci de nous le rappeler. Toutefois, dans le vrai monde de la mode, nous le savons depuis la nuit des temps. L’avantage avec Stéphane Wargner, c’est que ce dernier ne nous assommait qu’avec des évidences et ne se prenait pas pour un écrivain journaliste impénitent.

mardi 29 mai 2018

UNE BALLERINE CHEZ SORBIER

Il y a des femmes au visage pâle, dont les yeux sont comme des morceaux de sucre, des femmes graves comme les mouvements de l’amour qu’on ne surprend pas. J'ai rencontré une ballerine brillante au firmament de l'Opéra de Paris, une énergie ardente et raffinée aux yeux profonds et remplis de passion lumière venant ainsi raturer les ténèbres de nos vies.

Au chant des violons et aux flammes des bougies, un matin plus tôt que de raison, nous sommes parties avec Éléonore pour faire cette photo qu'une malléole trop souvent mise à contribution, et qui s’était faite fragile, avait repoussé ce petit moment de grâce.

Plus les minutes s'égrainaient au milieu du boulevard et, face à Garnier, la foule, malgré l'heure matinale, venait s'agglutiner autour de la star, qui de "sauts de chat, de biche et de grands jetés, vole sur l'avenue comme le ferait un cygne sur un rayon de lune. Voici l'heure où la Nymphe, au bord d'une source fraîche, jette son pas détendu comme une arabesque céleste. Seul, au loin, un cerf brame et, cela sur une avenue de Paname. Alors, nous pouvons imagine l'enchantement que cela peut provoquer sur une scène...

lundi 28 mai 2018

FASHION WEEK DE TUNIS

Crédits photos @Chiheb Sammari /Femmes de Tunisi Magazine
La légende, que l'on rapporte, mérite-t-elle créance ? La princesse, nommée Elissar, vint s'établir à Cambé, fuyant la colère de Pygmalion et dans la légende de Didon, « la fugitive » acheta au roi de Liby-Phéniciens Japon un vaste territoire où elle bâtit la ville qui prit le nom de Karth-hadschath « la ville neuve », nom dont les Grecs en firent Karchédon et les latins Carthago. Nous y sommes enfin dans ce Carthage millénaire ; celui du commerce et de la navigation en Méditerranée occidentale, la cité du business et, quoi de plus naturel, finalement, que d'accueillir la Fashion Week pour cette dixième année.

La Dame de Carthage, Julienne de Sourdis, celle que l'on rencontre à la Fashion Week de Paris, voulant imposer sa marque à tout prix, mais surtout à toutes fripes. Il paraît que les plus belles femmes du monde sont arabes, des femmes à faire pâlir "des Waycooler". Ces dames, où la sensualité et la beauté orientale leur donnent un brin de mystère ; qu’elles soient Tunisiennes, Egyptiennes, Marocaines, Libanaise etc... Elles ont toutes un je ne sais quoi de pimenté qui rend cette Fashion Week de Tunis comme l'entrée d'un conte des milles et une nuit, et c'est ainsi que commence les défilés quand la température monte d’un cran sur les ruines de Carthage.

vendredi 25 mai 2018

LE CLOWN BAR

Bozo est arrivé et, si cela vous « agrès« , il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Une séquence comique au Clown bar où un Balangantshik nous accueille. L’ancienne buvette du Cirque d’Hiver est devenue le nouveau chapiteau de Paname où une cavalcade d’acrobates parisiens, plutôt achromates d’ailleurs, compte-tenu de leurs costumes gris, chemises blanches de chez Deloitte. Un Monsieur pas dé-Loyal comme dompteur de clients, en mal de reconnaissance, recevait quelque contorsionnistes, qui font changer leur table pour une plus en vue, montraient les crocs comme ces jeunes lions un peu foufou.

Attention, Mesdames et Messieurs, dans un instant, cela va commencer, car, au Clown Bar, l’expérience, c’est comme au théâtre, mais le spectacle n’est pas que dans l’assiette. En entrant, on est immédiatement frappé par l’apparence d’un plafond Art Nouveau et d’une sublime fresque en céramique.

Il y a un menu, qui ne fuit pas les intitulés simples et pompeux. Bref, je n’y comprends rien. Avec une codification où seul un dictionnaire en trois volumes peut vous sauver la mise, comme un tour de prestidigitation. Sur le papier, d’appétissants haïkus et, dans l’assiette, de raffinées kaïgas: thon blanc, betterave, figues, boudin, encornets, piment Gernika, foie gras, mais « Pourpier ». Je vous avais prévenus.